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Comment je suis devenue ta Mamie

6 ans…

En fait, dans 2 jours, tu auras 6 ans. Dans 2 jours, il y a 6 ans, je suis devenue ta mamie.

Depuis que tu as 1 mois, je sais que je serai une bonne mamie.

Avant ce moment, ce moment si simple qui a changé ma vie, celui où je t’ai pris dans mes bras pour la première fois, je ne le savais pas.

Parce que si on devient maman dès qu’on a la confirmation de notre grossesse, devenir mamie, en tous cas pour moi, a été une lente et longue acceptation.

Le moment où tu es entrée dans la vie de ta mère n’était pas « super », à cause de sa relation amoureuse houleuse dont tout le monde n’attendait que la fin. Cette fin qui semblait inévitable pour tout le monde, à plus ou moins long terme.

Comme toute maman, j’avais évidemment imaginé le jour où ma fille m’annoncerait cette si grande nouvelle : « Maman, je suis enceinte!!! »  Je me suis aussi imaginé la joie, le bonheur, l’espoir et la si longue attente avant l’arrivée de cet enfant…

Mais pour moi, ça ne s’est pas passé comme ça.  Je me revois ce matin-là, le matin de cette si grande annonce qui m’a anéantie : « Non. Ben non voyons, tu ne peux pas avoir un enfant maintenant, tu ne peux pas avoir un enfant à ce moment-là de ta vie, et surtout pas avec lui!! »

J’ai tout fait pour la décourager, je l’ai suppliée de prendre une autre décision…

Au final, à ce moment-là, je croyais que j’avais perdu et qu’elle avait gagné.

Malgré tout, je l’ai aidée, soutenue. Je suis allée avec elle à ses rendez-vous médicaux, je l’ai aidée pour installer la chambre du bébé, j’ai acheté des choses pour cette petite fille qui arriverait sous peu, j’ai entendu son cœur aussi… Mais, ce que je n’ai jamais fait, c’est flatter cette belle bedaine pleine de vie, c’est dire à ma fille à quel point j’étais heureuse pour elle, heureuse de ce qui lui arrivait.

J’étais en stand-by, j’attendais la suite, j’attendais (où plutôt j’appréhendais) la suite parce que je la voyais, moi, la suite : la chute, les problèmes…

Et là, en décembre 2012, est apparue cette enfant, si pure, si fragile et pourtant si forte.  À cause d’une condition particulière, tu as dû rester à l’hôpital près de 3 mois.  J’ai vu ma fille se transformer, être auprès de son bébé tous les jours, lui chanter des chansons, devenir une maman, avec cette inquiétude ne la quitterait plus jamais maintenant.  Je l’accompagnais lors de ses nombreuses visites à l’hôpital, mais je ne pouvais pas encore te prendre, petit ange, à cause de ta condition.

Et là, le jour de ton premier mois de vie, ta situation s’étant grandement améliorée, j’ai eu la possibilité de te prendre dans mes bras…

Il ne manquait que de la musique. Non, en fait, je l’entendais dans ma tête, cette musique, et mon cœur a craqué, mon amour pour toi a éclaté au grand jour, même en plein milieu de cette salle qui grouillait de monde à l’hôpital, même avec les fils qui te retenaient à toutes sortes de machines pour t’aider à aller mieux, peu importe. C’est à ce moment précis que je suis devenue TA Mamie, que je me suis juré d’être la meilleure version de moi-même pour toi et ta mère.  Et c’est à ce moment précis que j’ai su que, plusieurs mois plus tôt, je n’avais rien perdu du tout. Parce qu’à ce moment-là, j’ai su que j’avais gagné le gros lot avec toi, MaDouce.

Bonne fête belle enfant que j’aime.

MamiDi

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