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Les muscles sont les seuls tissus du corps qui ne vieillissent pas si on les entretient…

Nous constatons que la plupart des gens perdent leur masse musculaire en vieillissant, ce qui est appelé la sarcopénie. Jusqu’à maintenant, la communauté scientifique s’entend pour dire que la sarcopénie est causée principalement par le vieillissement.

Or, si l’on vous disait qu’un des seuls tissus dans le corps ayant le potentiel de ne pas vieillir du tout est notre masse musculaire, notre tissu musculaire ? Autrement dit, il est possible à 80 ans d’avoir le même corps au plan musculaire que nous avions à nos 20 ans, si on apprend à entretenir quotidiennement notre tissu musculaire. De plus en plus de médecins prouvent cette théorie basée sur la physiologie de nos muscles. Les plus récents articles à ce sujet indiquent en fait que la sarcopénie est simplement le résultat des valeurs de nos sociétés, axées beaucoup trop sur la passivité. Tout devient si facile de nos jours avec la technologie et les métiers de bureau, mais, en vieillissant, l’être humain en oublie de prendre soin de sa masse musculaire, et il en résulte parfois de graves problèmes de santé.

Maintenir ou augmenter sa masse musculaire lorsqu’on vieillit favorise la force physique, mais contribue aussi à la prévention du cancer et des maladies cardiovasculaires, affirme Stuart Phillips, professeur au Département de kinésiologie à l’Université McMaster en Ontario. En plus de faire des exercices de musculation, les personnes âgées devraient doubler leur consommation de protéines alimentaires, a-t-il aussi recommandé lors du récent Symposium des Producteurs laitiers du Canada intitulé Vivre longtemps et en santé. Selon lui, manger plus de protéines contribue à la satiété, à la thermogénèse – capacité de notre corps à brûler plus efficacement les calories -, à la prévention de la perte musculaire, à la réduction de la pression artérielle et à l’amélioration de la glycémie.

Des études ont par ailleurs démontré que les personnes soumises à une diète plus élevée en protéines (de 25 % à 30 % des calories) perdaient plus facilement du poids et principalement des tissus adipeux. Chez les personnes plus âgées, qui ont tendance à moins manger, les besoins en protéines pourraient donc être plus élevés que les quantités actuellement recommandées.

Selon PasseportSanté.net, la sarcopénie est un syndrome gériatrique se caractérisant dans un premier temps par une diminution de la masse musculaire qui en s’aggravant sera à l’origine d’une détérioration de la force musculaire et des performances physiques. La sarcopénie observée chez la personne âgée est imputable au processus de vieillissement mais peut être accélérée par des facteurs pathologiques et comportementaux tels que la dénutrition et la sédentarité.

L’avancée en âge s’accompagne d’une modification de la composition corporelle. On constate donc une augmentation de masse grasse et une diminution de masse maigre soit la masse osseuse, les organes et le tissu musculaire. La sarcopénie est à l’origine d’une détérioration générale de l’état physique se traduisant par une augmentation du risque de chutes, une incapacité progressive à effectuer des gestes du quotidien, une perte d’autonomie et conduit fatalement à une augmentation de la morbidité et de la mortalité. À ce titre, la sarcopénie est maintenant reconnue comme étant un facteur central dans la physiopathologie du syndrome de fragilité chez la personne âgée.

La sarcopénie affecte toutes les personnes âgées y compris celles considérées en bonne santé et les individus ayant gardé une activité sportive.  Toutefois, il faut faire la différence entre les différents types d’activités sportives. Car pour retrouver notre masse musculaire, il est essentiel de stimuler l’hormone de croissance. Pour ce faire, le meilleur entraînement physique connu à ce jour est celui par intervalle. Autrement dit, même si à 65 ans on fait encore du vélo, du kayak, etc, on ne stimule pas nécessairement l’hormone aidant à l’augmentation de notre masse musculaire. On ne fait que travailler ce qui est déjà là, ce qui est déjà très bien en soi.

Caractéristiques de la sarcopénie

Différentes études estiment que 25 % des personnes de plus de 70 ans et 40 % des plus de 80 ans seraient sarcopéniques. À partir de l’âge de 30 ans, une dégénérescence musculaire de 3 à 8 % par décennie est observée et le tissu musculaire est remplacé par la masse grasse. Cette perte s’accélère à partir de 50 ans.

En effet, la masse musculaire décline approximativement de 1 à 2 % par an passé l’âge de 50 ans tandis que la force décline en moyenne de 1,5 % par an entre 50 et 60 ans (-15 %), puis au rythme de 3 % par an, soit une perte de 30 % par décennie après 60 ans.

Stratégies de prise en charge de la sarcopénie

Deux types d’activité physique sont à distinguer :

  • Les exercices en endurance, qui permettent d’améliorer l’équilibre et l’appétit tout en augmentant les capacités respiratoires et la synthèse protéique musculaire en ayant toutefois une action minime sur la force musculaire.
  • Les exercices en force contre résistance, qui permettent d’augmenter rapidement la force musculaire et la qualité musculaire, et ainsi la masse des muscles.

L’activité physique de loisir n’est pas suffisante pour prévenir la diminution de masse musculaire avec l’âge mais permet d’améliorer la fatigue, l’équilibre, de prévenir les chutes et contribue à améliorer la qualité de vie.

Dr François Bouchard, D.C.
Denise Fredette, N.D.

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