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Ménopausée? Et alors?

En quoi le fait d’avoir encore ou non ses règles aurait une incidence sur la personnalité d’une femme ? La ménopause est source d’effets déstabilisants, mais en aucun cas destructeurs de féminité. Douze mois sans règles établissent que les ovaires ne sont plus actifs et que la production des hormones nécessaires au fonctionnement du système reproductif s’est arrêtée. Pour l’organisme féminin qui carbure depuis des décennies aux œstrogènes, progestérone et androgènes, c’est un choc. Et il le fait savoir par des manifestations physiques pas toujours confortables: bouffées de chaleur, douleurs diverses, troubles du sommeil, variations de l’humeur… Heureusement que la ménopause procure aussi des avantages :

Femme ménopausée, femme libérée

Des avantages, vraiment ? Qu’on se souvienne de cette réplique de Diane Keaton, incarnant une sexagénaire démarrant une idylle avec Jack Nicholson dans Tout peut arriver, et on en trouvera un : « Ma contraception ? La ménopause ! » Quand on songe au temps consacré par les femmes à trouver la contraception qui leur convient au fil de leurs années fertiles, on comprend combien la ménopause peut être libératrice. Autre bénéfice : les troubles liés aux hormones produites par le corps s’estompent. Alors adieu douleurs dans les seins, syndrome prémenstruel, règles abondantes, endométriose. « Ne plus avoir ses règles, c’est pas mal quand même », remarque Florence Cestac, auteure et dessinatrice de bandes dessinées, dont Le démon du soir ou La ménopause héroïque (Editions Dargaud) qui met en scène une ménopausée impertinente et rebelle. « Je plaide pour une dédramatisation de la ménopause : c’est un passage difficile, mais pas une maladie ! La vie continue. Il ne faut donc pas se laisser aller à l’accablement. » Son héroïne a beau avoir des bouffées de chaleur, elle ne renonce pas à sa féminité. Contrairement à celles qui, sous prétexte de leur ménopause, se mettent à se négliger. « A 55 ans, j’ai cessé de me teindre les cheveux et de surveiller ma ligne », raconte Anna, 59 ans. « Je me disais : “ Finie pour finie. ” Quand j’ai remarqué qu’on ne me regardait plus dans la rue, je me suis reprise ». Elle a eu raison, car elle vient de refaire sa vie !

Fausses idées ?

Serait-elle fausse cette idée que la ménopause ferait grossir ? C’est surtout l’avancée en âge qu’il convient d’incriminer dans la prise de poids. Au fil des années, le corps brûle moins de calories. Par ailleurs, la masse musculaire, grosse consommatrice de calories, fond. Du coup, pour garder la ligne, il faut soit réduire ses prises alimentaires soit augmenter ses dépenses énergétiques. Là où l’action hormonale agit, c’est sur la forme du corps. Sous l’effet de la diminution puis de l’arrêt des œstrogènes, la graisse se distribue autrement. Elle déserte les cuisses et les fesses pour se concentrer au niveau de l’abdomen. Voilà pourquoi les femmes ont tendance à prendre du ventre avec l’âge ! Mais, s’il est vain de vouloir être la même à 60 ans qu’à 20 ans, il n’est pas obligatoire de prendre du poids.

Ménopause et sexualité

Et cette idée selon laquelle les femmes ménopausées n’auraient plus de désir sexuel. Est-ce vraiment la ménopause qu’il faut incriminer ? Pas forcément. La ménopause peut être l’occasion de se débarrasser d’une vie sexuelle peu épanouissante et investie. Certes, le manque d’œstrogènes se traduit par l’assèchement des tissus, notamment vaginaux, ce qui peut rendre les relations sexuelles douloureuses… si les préambules sont trop courts ! De plus, il existe des solutions qui résolvent cet inconvénient: des enquêtes montrent que de nombreuses femmes sont plus épanouies sexuellement après la ménopause.

Rester positive 

C’est un fait: la fin d’apports œstrogéniques agit sur la silhouette, le volume des seins, l’élasticité de la peau… avec plus ou moins de virulence, selon le mode de vie des femmes et leur terrain génétique. Pour autant, ces désagréments ne sont pas incompatibles avec l’envie et l’appétit en général. D’ailleurs, la majorité des femmes restent positives malgré les troubles ressentis, notamment bouffées de chaleur et insomnie. La ménopause leur apparaît même comme une période de maturité, de croissance personnelle et de renouvellement. Anna, 59 ans raconte « J’ai pu constater que les représentations et les vécus de la ménopause sont généralement reliés au contexte social, professionnel et familial des femmes. » Bref, ne plus être fertile n’est pas la fin de tout. Surtout quand on est une femme du XXIe siècle !

© Vie de Grands-Parents 2019