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Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés

Un voyage dans le temps rendu possible grâce aux plus récentes technologies, en compagnie de six témoins de notre Antiquité commune au Pavillon Michal et Renata Hornstein – niveau 2 jusqu’au 2 février 2020.

Tout le monde n’a pas la chance d’aller en Égypte, mais cette fois, l’Égypte vient nous voir. Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) souhaite la bienvenue à six personnes momifiées de l’Égypte ancienne. Le MBAM est honoré de les accueillir en première Nord-Américaine dans le cadre de Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés : exposition alliant arts et science issue des recherches entreprises au British Museum. Jusqu’à récemment, très peu d’informations étaient disponibles au sujet de la vie et de la mort de ces personnes. Grâce aux plus récentes technologies non invasives, le public prendra part à un voyage dans le temps, reculant de quelques millénaires pour découvrir comment vivaient ces six personnes le long du Nil entre 900 avant l’ère commune (AEC) et l’an 180 de notre ère. Ici, plus de 240 artéfacts aideront à la mise en contexte de leur quotidien. Auparavant, l’étude des momies n’était possible qu’à condition de défaire leurs bandelettes, un processus invasif proscrit par les musées. Avec le développement de techniques d’imagerie médicale de pointe, leur examen s’effectue maintenant par tomodensitométrie (image tridimensionnelle par scanographie). Quelques mots des responsables : « C’est avec grande émotion que nous souhaitons la bienvenue à Nestaoudjat, Tamout et Irthorrou, ainsi qu’à leur compagne et à leurs compagnons d’Hawara et de Thèbes. Véritable voyage dans le temps, l’exposition nous fera nous émerveiller sur la manière dont on vivait aux abords du Nil il y a plus de 2 000 ans.

Parcours : Six momies, six vies

Les anciens Égyptiens croyaient qu’il était essentiel de préparer adéquatement la dépouille du défunt pour assurer sa survie dans l’au-delà. Il s’agissait de conserver le corps dans son intégralité en vue de l’inhumation, tant pour le protéger contre les animaux et les éléments que pour offrir au défunt une “demeure” pour l’éternité. Chaque momie, ou chaque individu, rythme le parcours des visiteurs en racontant sa propre histoire. L’exposition est divisée en six espaces permettant d’explorer une thématique différente : la momification et ses techniques, les croyances et les religions, la santé et l’alimentation, la vie de famille, et la diversité culturelle. Ces corps momifiés sont accompagnés de plus de 240 artéfacts et d’imageries numériques 3D révélant les plus récentes découvertes égyptologiques.

1 — L’exposition s’ouvre avec Nestaoudjat, une femme mariée originaire de Thèbes, dont le nom signifie “celle qui appartient à l’œil oudjat”. Nestaoudjat a vécu durant la dynastie koushite. À sa mort, vers l’an 700 AEC, elle avait entre 35 et 49 ans.

2 — Femme d’âge moyen (35 à 49 ans), Tamout était chanteuse d’Amon. Sa momie révèle de nombreuses amulettes placées sur sa peau par les prêtres-embaumeurs. Elle aurait vécu au cours de la Troisième Période intermédiaire, au début de la XXIIe dynastie, vers 900 AEC.

3 — Irthorrou était un stoliste et un grand prêtre du temple d’Akhmim. Chargé de vêtir le dieu Min, il était également le maître des secrets. Sa momie témoigne des particularités d’une vie passée au service des dieux, ainsi que du pouvoir des prêtres de son rang. Adulte d’âge moyen (35 à 49 ans), Irthorrou a vécu à la Basse Époque, lors de la XXVIe dynastie, environ 600 ans avant notre ère.

4 — Une prêtresse anonyme ramène les visiteurs au temple d’Amon, à Karnak. Les recherches démontrent que cette femme était chanteuse – titre qui, à partir de la XXIIe dynastie, jouissait d’un grand prestige – et qu’elle avait entre 35 et 49 ans. Elle a vécu lors de la Troisième Période intermédiaire, au cours de la XXIIe dynastie, vers 800 AEC.

5 — L’enfant d’Hawara vivait pendant la période romaine. Le soin avec lequel on l’a préparé pour la vie éternelle illustre une vénération nouvelle des enfants, rarement momifiés auparavant. Celui-ci est décédé vers l’âge de 2 ans, vers les années 40-60 de notre ère.

6 — Comme des centaines d’autres retrouvées dans l’oasis du Fayoum, la dernière momie est décorée d’un portrait. Si son identité demeure inconnue, un jeune homme de Thèbes est représenté sur la plaque de bois qui l’accompagne. Les recherches démontrent que celui-ci avait entre 17 et 20 ans lors de son décès, et qu’il a vécu à l’époque romaine, vers les années 140-180 de notre ère.

Activités éducatives

Pour compléter l’exposition, un espace éducatif et ludique a été créé par Perrine Poiron, doctorante en histoire et égyptologie (Université du Québec à Montréal et Université Paris-Sorbonne), en collaboration avec Ubisoft. Le panthéon égyptien et les rites associés au passage dans l’au-delà y côtoient une expérience numérique permettant de découvrir l’Égypte ancienne. Des audioguides sont également proposés aux adultes et aux enfants pour agrémenter leur parcours d’une plongée dans les mythes et coutumes de l’époque. Pour tout savoir, allez voir le site du MBAM.

André Maccabée et son équipe

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