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Semaine de prévention du suicide : un enjeu pour toutes les générations!

Dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide cette semaine, j’avais envie de vous parler d’un livre qui, selon moi, est LE livre de l’année sur le sujet : Toutes mes sympathies. Un livre écrit par une critique de livres Française qui écrit pour tenter de comprendre ce qui s’est passé pour que son frère s’enlève la vie, au milieu de la quarantaine, à Montréal. Ayant été professeur sur plusieurs décennies, j’ai été témoin de plusieurs suicides parmi mes étudiants ou ceux de mes collègues. La question reste : que pouvons-nous faire? Nous nous sentons coupables. C’est pourquoi le sujet m’intéresse et me touche autant.

Dans le livre, l’autrice parle du côté sombre de la force, comme aurait dit son frère. Alex ne pouvait plus gérer son côté sombre. L’attaché de presse de la maison de distribution nous a fait parvenir ce livre, qu’elle voulait qu’on lise et commente. Suite au suicide de son frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, qui a été largement médiatisé, l’auteure décide de revenir sur la vie du défunt afin de lui exprimer toute sa gratitude pour les moments de joie partagés ensemble et de rendre hommage au courage de cet homme souvent accablé par la mélancolie. L’autrice dit que, dans sa vie, les mots des autres l’ont nourrie, portée, lui ont infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de son frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, elle ne voyait pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex l’a transpercée de chagrin, l’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Elle cherche à savoir où il est, et espère qu’il est bien dans les « vignes éternelles ». Ses cendres ont été dispersées dans la mer, et tous ont bu du champagne pour célébrer la vie.  Il lui avait dit toute sa vie d’écrire un livre, elle l’a fait pour nous relater un peu sa vie à elle, ses liens avec son frère, ce qui a précédé son suicide, et ce qui a suivi. Rien n’est facile, tout le monde cherche à comprendre. Comme plusieurs autres, il est sorti de thérapie trop vite. Aurait-il survécu en France? Car il était au Québec, où les cas ne demeurent pas longtemps en institution à cause des coupures gouvernementales, et cela cause des drames terribles. Triste comme les deux jours de pluie pendant lesquels j’ai lu ce livre. Un devoir de mémoire qui lui a sans doute fait du bien, puisqu’elle s’y rappelle des jours heureux de voyages et de vacances.

J’ajoute que pour notre génération, c’est souvent plus insidieux, puisqu’il arrive que les gens se laissent mourir, n’ayant plus de « raison » de vivre. Pour tout savoir, et pour comprendre : https://www.aqps.info/activites/semaine-prevention-suicide-2019-616.html

Toutes mes sympathies, Olivia de Lamberterie, 254 pages aux éditions Stock.

André Maccabée, journaliste

© Vie de Grands-Parents 2019