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Agir sur ma vie… à mon rythme

À 57 ans, mon père est décédé lors du tremblement de terre de 2010 en Haïti. Il était président d’une fédération internationale de Taekwon-Do et ingénieur entrepreneur. ll venait d’avoir une 2e petite-fille. Nul besoin de dire qu’il s’agissait d’un décès inattendu. Alors, parmi toutes les questions que l’on pourrait se poser à la suite de ce triste événement, il y a celle-ci : pourquoi prendre soin de sa santé, alors qu’on pourrait mourir demain?

On peut aussi se poser la même question en adoptant un autre point de vue : pourquoi s’entraîner et avoir de saines habitudes de vie, alors que certains fumeurs vivront jusqu’à 85 ans sans faire d’efforts?

Ces questions m’éloignent de ce petit trésor qui est juste là, à ma portée : dès maintenant, je peux me faire le cadeau de me sentir mieux dans ma peau. Tout simplement.

Prendre soin de moi, c’est payant maintenant et c’est un investissement pour plus tard. Aujourd’hui, je suis bien vivante et, si j’ai le bonheur de vivre longtemps, j’aurai une meilleure qualité de vie.

Cette semaine, je fais de l’exercice deux ou trois fois. Je crée un cercle heureux : je fais plus attention à ce que je mange et j’ai plus d’énergie. Une autre motivation : si je m’entraîne en groupe, je côtoie mes amis et ça, c’est plaisant.

De semaine en semaine, je bâtis mon capital de santé pour plus tard. Si je vis jusqu’à 99 ans, l’adoption de saines habitudes de vie améliorera de manière significative la qualité de vie de ces dernières années. Et d’ici là, je me sentirai mieux. Passer 20 ans à avoir mal partout, avoir de la difficulté à bouger et respirer, c’est long et pénible!

Vous me direz que le défi, c’est de se mettre en marche… et de continuer à bouger. La motivation : quelle est la recette pour la trouver et la garder?

Vous connaissez les petits pas? Un petit pas, c’est à ma portée. Ça me donne une récompense ici et maintenant. Et de petit pas en petit pas, imaginez quelle distance je peux parcourir.

Vouloir se motiver, ça cache un petit démon : celui de la culpabilité. Parce que plus la motivation diminue, plus j’ai tendance à être sévère avec moi-même. Et si la motivation diminue jusqu’à cesser de faire l’exercice, alors là, je trouve que j’ai échoué.

Allô! Y a-t-il un grand manitou, un ayatollah qui a le droit de me juger? Alors pourquoi je le ferais moi-même?

La beauté avec les petits pas, c’est que c’est facile de recommencer à marcher.

Et vous savez quoi? Il y a un ingrédient qui nourrit toutes les motivations : le plaisir! Quand je m’amuse en faisant de l’exercice, j’ai juste une envie : recommencer. Dans la liste bien remplie de toutes les activités physiques, il y en a certainement une ou deux qui vont me donner du plaisir.

Une autre raison qui m’encourage à aller de l’avant, c’est la qualité des rapports avec les personnes que je côtoie. Quand je suis plus active physiquement, mon humeur est meilleure, je suis plus patiente et, donc, plus agréable pour ma famille que j’aime tant et les amis que je rencontre.

Parfois, il y a des imprévus dans ma routine : mes habitudes sont chamboulées. Reprendre la routine d’entraînement peut alors sembler difficile. Mais vous vous souvenez des petits pas? Et de vos amis qui vous attendent quand vous retournerez faire de l’exercice avec eux?

Je ne sais pas si je vais mourir comme mon père à 57 ans, mais j’essaie de vivre ma vie comme si j’allais vivre jusqu’à 99 ans. Je vais continuer à développer de saines habitudes de vie progressivement pour m’assurer d’être en forme longtemps et ne pas être un fardeau pour les autres. Je vais m’accorder la permission de ne pas suivre tous les diktats d’alimentation, d’exercices, de gestion du stress et tout le tralala. Déguster du chocolat le samedi soir avec mes amis, j’appelle ça vivre. J’aime tellement le chocolat!

Dans le fond, c’est possible : je passe à l’action et je fais de mon mieux!

© Vie de Grands-Parents 2020