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Dépression chez les aînés : savoir la reconnaître

Avez-vous déjà ressenti que vos émotions et vos pensées se bousculaient sans savoir trop pourquoi ? Il pourrait peut-être s’agir d’une dépression.

 

La dépression est une maladie qui affecte les émotions d’une personne, ainsi que ses pensées, son comportement et sa santé physique. Il ne s’agit pas seulement de sentiments de tristesse ou de mélancolie; si elle n’est pas traitée, la dépression peut occasionner d’autres problèmes de santé ou aggraver des troubles existants, et peut avoir des répercussions dévastatrices sur la personne qui en souffre ainsi que sa famille. Bien que la dépression ne soit habituellement pas reliée au vieillissement, bon nombre d’aînés en souffrent. Selon la Société pour les troubles de l’humeur du Canada, il est estimé qu’entre 5 et 10 % des personnes âgées souffriront d’un trouble dépressif suffisamment grave pour nécessiter des soins. Pour les personnes âgées qui sont placées, c’est plutôt 30 à 40 % qui souffriront éventuellement de dépression et de troubles anxieux. Nous vous donnons ici quelques conseils pour demeurer vigilant face aux signes avant-coureurs de la dépression.

 

Facteurs de risque :

 

Plusieurs facteurs physiques, psychologiques et sociaux peuvent provoquer la dépression chez les aînés. Ces facteurs de risque comprennent :

  • Facteurs physiques : problèmes de santé chroniques, douleur chronique, AVC, changements dans la chimie du cerveau, troubles du sommeil persistants, antécédents personnels et familiaux de dépression, divers médicaments.
  • Facteurs psychologiques : perte de contrôle et d’autonomie suite à une maladie ou en lien avec une incapacité, perte d’un ou de plusieurs êtres chers, admission à une maison de soins ou un établissement de soins de longue durée, sentiment d’être inutile.
  • Facteurs sociaux : ennui, isolement, absence de soutien social, difficultés financières.

 

Diagnostic: pas si facile !

 

Il existe plusieurs raisons expliquant la difficulté de diagnostiquer la dépression chez les aînés. Les symptômes peuvent être semblables à ceux d’autres maladies ou aux effets secondaires de médicaments pour d’autres problèmes de santé. Dans le cas de personnes plus âgées, le symptôme le plus souvent associé à la dépression, soit la tristesse, n’est pas toujours présent. Autres symptômes, tels les troubles de sommeil et la fatigue, sont également reliés au simple fait de vieillir.

 

Préjugés :

 

Il y a encore beaucoup de préjugés associés à la dépression. Les aînés peuvent éprouver de la honte ou ne pas vouloir reconnaître ou discuter de leurs symptômes psychologiques. Certains vont préférer se plaindre de troubles physiques, y compris la douleur et divers autres maux. Certains aînés, aussi, ne savent même pas que la dépression est une réelle maladie.

 

Signes et symptômes :

 

Une liste de signes et de symptômes liés à la dépression se retrouve ci-dessous. Si un proche a éprouvé certains de ces changements pendant plus de deux semaines, consultez un médecin.

Changements physiques

  • Léthargie, perte d’énergie, faiblesse, fatigue
  • Changement du niveau d’appétit et perte ou gain de poids
  • Troubles de sommeil (insomnie ou hypersomnie, ou le sentiment d’être encore fatigué après le sommeil)
  • Agitation ou fébrilité
  • Maux de tête, douleurs fantômes, douleurs musculaires (sans cause physique apparente)
  • Problèmes de digestion

Changements psychologiques et comportementaux

  • Sentiment de tristesse ou de vide
  • Manque d’intérêt pour les loisirs et les activités qui étaient auparavant des passe-temps préférés
  • Sentiment de culpabilité, d’inutilité ou de désespoir
  • Impatience, colère, irritabilité, agressivité
  • Perte d’estime de soi ou de confiance, fixation sur les échecs antérieurs ou le sentiment de ne pas être à la hauteur
  • Isolement social, retrait des activités de loisirs et des rencontres
  • Cesse de répondre au téléphone ou n’ouvre plus la porte aux visiteurs
  • Difficulté à prendre des décisions
  • Troubles de la mémoire ou difficulté à se concentrer
  • Confusion ou ralentissement de la pensée
  • Larmes sans raison apparente
  • Perte d’intérêt pour les relations sexuelles
  • Néglige les tâches quotidiennes telles que les travaux ménagers et le paiement de factures
  • Néglige les soins personnels tels que manger et faire sa toilette
  • Consommation exacerbée de drogues ou d’alcool
  • Pensées incessantes de la mort ou du suicide
  • Automutilation
  • Hallucinations ou illusions

 

Traitements :

 

  • La dépression chez les aînés se traite habituellement par des médicaments (c.-à-d., des antidépresseurs), des services de consultation ou une combinaison de ces deux mesures. Il existe différents types d’antidépresseurs et trouver le bon médicament ou la bonne combinaison peut prendre des semaines ou des mois. Les médicaments peuvent avoir des effets secondaires comme la nausée, la prise de poids ou la diarrhée. Toutefois, ces derniers disparaissent souvent avec le temps. Si votre proche prend d’autres médicaments pour des problèmes de santé, discutez des interactions possibles avec son médecin ou son pharmacien.
  • Les groupes de soutien peuvent être d’une grande aide aux personnes souffrant de dépression ainsi qu’aux membres de leur famille. Parlez avec un médecin ou un travailleur social des programmes offerts dans votre communauté ou communiquez avec un organisme de santé mentale tel que l’Association canadienne sur la santé mentale. Des approches complémentaires telles que l’activité physique, la méditation ou le massage thérapeutique peuvent également être utiles pour faire face à la dépression.
  • Si un proche souffre de dépression, assurez-vous qu’il adhère à son programme de traitement. Avec le temps, les personnes traitées pour la dépression éprouvent souvent une amélioration notable de leur humeur, de leur attitude et de leur qualité de vie.
  • Vieillir chez soi contribue à améliorer la qualité de vie en général. Les aînés qui vivent de façon indépendante ont un plus grand sens de contrôle et d’autonomie. Ils peuvent voir leurs familles et amis lorsqu’ils le souhaitent et ils évitent plusieurs facteurs de stress.
  • Les services à domicile, tels les soins personnels, l’accompagnement, la préparation de repas et les tâches ménagères, peuvent aider les aînés à vivre le plus longtemps possible de façon autonome. Ils peuvent profiter de la vie comme bon leur semble, ce qui est d’ailleurs bénéfique pour la santé mentale.
© Vie de Grands-Parents 2019