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Démystifier la fibromyalgie

Depuis que l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a reconnu la fibromyalgie comme une maladie, on entend plus parler de la chose… ce qui n’empêche pas plusieurs personnes d’avoir souffert d’un mauvais diagnostic pendant des années. Souvent, ces patients étaient suivis en psychiatrie, parce qu’on attribuait leurs symptômes à un désordre psychique.

Il est vrai que la fibromyalgie est méconnue et bien mystérieuse. Ces causes peuvent varier et les symptômes, bien incommodants, sont très variés d’une personne à l’autre. S’il y a bien un cas de maladie où un auto-diagnostic sur internet est malvenu, c’est celle-là (même s’il est toujours recommandé de consulter un médecin pour nos symptômes, on s’entend). Mais pour vous permettre de démystifier les causes principales de la fibromyalgie, Vie de Grands-Parents fait appel aux connaissances de VitoliMD.

On réfère à trois causes principalement répertoriées en ce qui a trait à cette maladie :

  • L’hypersensibilité centrale : une source chronique de douleur (différents types possibles) qui finit par causer un dérèglement de la gestion de la douleur par le cerveau qui se met alors à interpréter différents stimuli (souvent de perception) comme étant de la douleur.
  • Une trop grande pression dans le liquide céphalo-rachidien.
  • Une destruction des petites fibres périphériques (neuropathie périphérique).

S’ajoutent à ces causes des facteurs aggravants qui peuvent empirer l’état du patient, comme un débalancement du microbiote, par exemple.

L’hypersensibilité centrale

En résumé : si votre cerveau ressent trop de douleurs en continu, la gestion des sensations sera débalancée et déséquilibrée. Il sera donc difficile pour votre cerveau de différencier douleur et stimulus « normal » ou une sensation banale. Par exemple, même le poids d’un chandail sur votre épaule pourrait devenir une source de douleur. Pas parce que votre chandail vous fait réellement mal, mais parce que votre cerveau confond la sensation de poids du chandail avec une douleur. Cette forme d’hypersensibilité peut survenir chez les personnes qui ont un déficit ou une surproduction de certains neurotransmetteurs. Différents aspects de notre quotidien peuvent jouer sur la santé des neurotransmetteurs, comme le sommeil, l’alimentation ou l’inflammation. C’est donc dire que des problèmes de sommeil peuvent participer au développement ou au maintien d’une hypersensibilité centrale, comme le sommeil est primordial pour rétablir un niveau sain auprès des neurotransmetteurs.

La pression du liquide céphalo-rachidien

Le liquide céphalo-rachidien, c’est un liquide clair dans lequel le cerveau et le cervelet baignent. Il a un double rôle : structure, puisqu’il maintient la forme du cerveau, et protection, puisqu’il permet d’amortir les chocs. Une étude a démontré qu’un prélèvement de ce liquide permettait de soulager bon nombre de symptômes de fibromyalgie en quelques heures et jusqu’à 8 semaines, en atténuant la pression sur le cerveau. Une trop grande pression du liquide causerait un drainage par l’enveloppe des nerfs de la base du cerveau, ce qui irriterait l’enveloppe et causerait des douleurs généralisées.

La destruction des petites fibres périphériques

Les petites fibres périphériques sont les extrémités des fibres nerveuses qui permettent la détection des sensations (chaleur, touché, la vue, etc.). On ne sait pas encore ce qui les détruit ou entrave leur bon fonctionnement, mais il se pourrait qu’il s’agisse d’une conséquence de l’hypersensibilité centrale ou encore, une cause. Effectivement, les études chez certaines espèces animales ont prouvé que le développement d’une hypersensibilité par de mauvaises proportions en neurotransmetteurs peut causer la baisse des petites fibres nerveuses périphériques. Parallèlement, des chercheurs ont émis l’hypothèse que certains cas de fibromyalgie pourraient être liés à des dysfonctionnements de ces petites fibres périphériques. Les fibres en question pourraient être attaquées par le système immunitaire… dans ces cas où cette « attaque » représente une forme de maladie auto-immune, le résultat serait le développement d’une hypersensibilité centrale parce que le cerveau reçoit une grande quantité de messages par les petites fibres dont on parle. Un cercle vicieux, en quelque sorte.

Les facteurs aggravants

Comme on le disait plus tôt, différents facteurs peuvent influencer négativement la fibromyalgie sans être nécessairement une cause ou un symptôme directs. Les patients atteints semblent afficher un déficit en antioxydants. C’est à considérer, quand on sait qu’un rétablissement d’un niveau d’antioxydants par l’alimentation ou les suppléments de qualité peut permettre de réduire la douleur et d’améliorer le sommeil par le fait même.

Des études font un lien entre les mitochondries (les usines énergétiques de nos cellules) et la maladie, puisqu’un mauvais fonctionnement de ces usines énergétiques serait présent chez beaucoup de cas. Sans savoir si ces faiblesses au niveau des mitochondries sont la cause ou une conséquence de la fatigue chronique, on peut néanmoins chercher à améliorer leur fonctionnement dans le traitement.

Nous parlions aussi d’inflammation, qui joue un rôle majeur dans la sensation de douleur chronique ressentie par les patients qui souffrent de fibromyalgie. Comme on sait, l’alimentation a un impact majeur sur l’inflammation, tout comme le poids corporel, la qualité du sommeil, le stress et l’activité physique. Les saines habitudes de vie sont donc un but à atteindre.

En somme, comme la fibromyalgie a plusieurs causes différentes et se manifeste différemment selon les patients, il peut sembler décourageant d’entreprendre un traitement pour ce type de maladie. Mais gardez espoir! S’il y a plusieurs causes différentes, il y a aussi plusieurs pistes de solutions différentes, qui sont toutes à essayer avec la même ferveur. On sait, par contre, que le fait d’adopter un régime de vie sain au quotidien est le premier pas vers la guérison, et c’est vrai pour tout le monde!

© Vie de Grands-Parents 2019